À une époque où prendre le temps de cuisiner et de partager un repas devient de plus en plus rare, notre rapport à l’alimentation s’est profondément transformé. L’essor du fast-food, des aliments ultra-transformés et des emballages plastiques nous a progressivement éloignés des cycles naturels : semer, cultiver, récolter, cuisiner et transmettre.
Cette dégradation de notre culture alimentaire — avec ses dimensions culturelles, économiques et politiques — constitue aujourd’hui une véritable menace pour notre bien-être, notre santé et notre environnement. Face à ces enjeux, une question essentielle se pose : comment protéger notre bien commun et préserver l’avenir de notre alimentation ?
C’est dans ce contexte qu’en 1986, Carlo Petrini s’élève contre l’ouverture d’un restaurant McDonald’s au cœur de la Rome historique. Ce geste symbolique marque le début d’un mouvement de résistance culturelle en faveur d’une autre vision de l’alimentation. En 1989, il fonde à Paris l’association internationale Slow Food et publie un manifeste dénonçant les dérives de la malbouffe et défendant la préservation des terroirs, des agricultures paysannes, des patrimoines gastronomiques et de l’éducation au goût.
Cet ouvrage retrace les origines de ce mouvement et présente, à travers plusieurs chapitres, la pensée de Carlo Petrini ainsi que les initiatives concrètes mises en place pour protéger la biodiversité alimentaire. Il évoque notamment le projet de l’Arche du Goût, véritable inventaire des produits menacés de disparition, inspiré par une éthique de la sauvegarde comparable à celle évoquée par le philosophe Michel Lacroix.
Avec Slow Food, une nouvelle manière de consommer a émergé : une approche engagée, à la croisée de l’alterconsommation et de l’écogastronomie, qui propose de replacer le goût, la qualité et la responsabilité au cœur de nos choix alimentaires.